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Le Kamishibaï est un style narratif originaire du Japon qui requiert l’usage d’un castelet en bois que l’on appelle : ButaÏ. Ce dispositif permet de raconter des histoires en mettant face à face, un public et un narrateur, lequel fait défiler les planches d’un livret à travers la fenêtre du Butaï, à destination de son auditoire.
Dans cet article, nous proposons un tutoriel pour adapter un album jeunesse en planches pour constituer un livret de Kamishibaï afin de pouvoir raconter des histoires avec un Butaï, de manière ritualisée et adaptée à un petit groupe de spectateurs.
Apports pédagogiques
- Éveil au langage
- Créations de rituels
- Moments partagés
Éléments de compréhension
Lire une histoire à un enfant est un moment extraordinaire de partage et d’accompagnement dans son éveil au monde, son développement et sa préparation aux apprentissages. En famille, le soir est souvent un moment privilégié pour raconter une histoire et ainsi ritualiser le moment du sommeil ; en crèche et en classe, ce sont des moments particuliers de découverte et d’initiation au langage. Mais une chose est certaine, les enfants adorent les histoires que les occasion ne manqueront pas pour créer ce moment de partage.
Les histoires sont souvent racontées côte à côte avec l’enfant et pendant la classe, le professeur se tient en face de ses élèves et déploie les pages du livre vers le regard de son auditoire. Tout cela fonctionne très bien ainsi depuis toujours. Cependant l’usage du Butaï pour raconter des histoires sous forme de Kamishibaï apporte un confort supplémentaire pour le narrateur comme pour les spectateurs en aménageant un espace pour chacun.
Étapes de fabrication
Un livret de Kamishibaï est un ensemble de planches qui permettent de raconter une histoire en les glissant dans un castelet en bois que l’on appelle le Butaï. Chacune de ces planches comporte au recto une illustration destinée au spectateur et au verso, un texte correspondant à l’image que voit le spectateur et une vignette reproduisant l’illustration.
Adapter un livre jeunesse en Kamishibaï, c’est un peu comme si on déménageait les pages de l’album vers le castelet en bois, pour bénéficier d’un nouveau mode de lecture et de représentation. Cette adaptation se fait par capture des contenus du livre jeunesse, leur agencement sur des feuillets libres et la mise en séquence de ces planches pour retrouver l’ordre du récit. En plus de cela, nous allons créer des feuillets pour le narrateur, qui seront imprimés au verso des planches pour permettre d’avoir un texte côté narrateur qui correspond bien à l’illustration qui est présentée au spectateur.
Choix du livre à adapter
Pour notre démonstration, nous utiliserons le petit album intitulé « Les masques » des petites histoires de Tromboline et Foulbazar de Claude Ponti. Notre choix ce porte sur cet album pour son format à l’horizontale parfaitement adapté au Butaï, mais également pour son minimalisme qui permettra une première adaptation relativement simple à réaliser. Il en résultera un livret de Kamishibaï de 10 pages, parfaitement adapté aux tout-petits et relativement économe en impression.
Capture des images
La capture des illustrations de l’album jeunesse peut se faire avec un scanner à plat, un Banc-titre photographique ou une application mobile. Le plus important est de disposer d’un bon éclairage (avec 2 sources lumineuses latérales à 45°) et disposer son image bien à plat. Fort heureusement, pour toutes ces précautions, des solutions électroniques viennent compenser les défauts d’éclairage ou de mise à plat du document. En termes de spécifications, penser à calibrer le scanner pour une résolution à 600 dpi pour pouvoir autoriser un agrandissement vers le format A3 sans pertes de qualité et éventuellement appliquer un réglage de réduction de la trame de l’impression sur le document d’origine.
Solutions pour scanner
- Scanner de bureau
- Scanner de documents (Banc-titre)
- Scanner de terminal mobile
Spécifications pour scanner
- Correction de distortion
- OCR intégré
- Résolution de 600 Dpi
Retouches et composition des planches du spectateur
L’offre de logiciels de retouche est très vaste, mais on peut mettre en avant Photoshop pour les utilisateurs averts et Canva qui est à la portée de tous. Un fois le bon outil choisi, il s’agit de définir une taille de document : opter pour le format A3 (297 x 420 mm) et une résolution à 300 dpi. Ainsi l’image sera parfaitement adaptée pour les Butaï au format A3 et pourra être réduite pour être utilisée sur le Butaï traditionnel et le Butaï A4. Les points d’interventions se situent sur l’élimination des éventuels défauts du scan, sur les contours du documents, sur l’élimination du bruit (fonction denoise) pour pouvoir obtenir une planche avec une belle reproduction.
Logiciels de retouches
- Photoshop
- Canva
- Darktable
Spécifications des fichiers
- Format A3 (297 x 420 mm)
- Orientation paysage
- Résolution 300 Dpi
On crée ainsi une planche pour chaque page illustrée de l’album jeunesse. Penser à réserver une marge de 1 cm sur le pourtour des chaque planche ; cela correspond au contour que masque la fenêtre du Butaï lorsque les planches y sont insérées.
Composition des feuillets du narrateur
Les feuillets du narrateur sont à créer pour permettre de visualiser le texte et l’image correspondants à ce que voit le spectateur. Ainsi, pour chaque planche illustrée que verra le spectateur, on composera un feuillet narrateur correspondant. Lorsque la planche est présentée au public, le narrateur disposera de son côté d’une réplique de cette page composée d’une vignette d’identification correspondant à l’image que voit le public et du texte qu’il sera amené à déclamer.
Côté spectateur
Côté narrateur
Enfin, il faut également se souvenir que le livret que nous sommes en train de créer pourra être lu par des enfants. Pour cette raison, il convient de choisir une police de caractère adaptée au jeune lecteur. Pour cela, on peut se rapporter à l’article sur les caractères typographiques pour l’apprentissage de la lecture.
Impression et conditionnement
L’impression requiert une attention particulière puisqu’elle va se faire en recto-verso, avec le décalage nécessaire entre les planches illustrées et les planches de lecture. Quand on raconte le Kamishibaï, la planche de titre (planche 0) a sur son verso la planche 1 de l’histoire. Il y a donc un décalage de sorte que le narrateur puisse avoir de son côté l’aperçu de la planche 0 : Cet aperçu est imprimé sur le verso de la dernière planche de l’histoire. La séquence illustrée ci-dessous permet de mieux comprendre ce décalage.
Imprimer d’abord l’ensemble des planches illustrées (de 0 à 5) puis insérer ces planches dans le bac à feuilles. Délivrer les fichiers des feuillets du narrateur en décalant l’ordre (de 1 à 5 + 0).
Formats
- A3 (297 x 420 mm)
- A4 (297 x 420 mm) – 71% de réduction depuis A3
- Trad (275 mm x 370 mm)
Papiers
- Bristol (205 g/m²)
- Papier cartonné (300 g/m²)
Ce que nous avons réalisé
Et voilà notre Kamishibaï adapté du petit album jeunesse de Tromboline et Foulbazar prêt à se glisser dans notre Butaï. Le Pestacle peut commencer !
Ressources dans la boutique
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79.00€ Choix des options Ce produit a plusieurs variations. Les options peuvent être choisies sur la page du produit
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