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Apports pédagogiques
- Découverte des instruments et des sonorités
- Découverte du solfège
- Rythme, mémoire et danse
Éléments de présentation
Le Blues trouve ses origines dans le sud des États-Unis, né du commerce transatlantique et de la déportation des esclaves africains. Pourtant, comme le souligne Martin Scorsese dans son documentaire The Blues – Du Mali au Mississippi, les racines de ce genre musical plongent bien plus loin : en Afrique de l’Ouest et subsaharienne, où une tradition musicale séculaire, riche et variée, existait bien avant la traite négrière. Ces chants, ces rythmes et ces récits ont traversé l’Atlantique dans les cales des navires, portés par la mémoire des captifs.
Aujourd’hui encore, au Mali et dans toute l’Afrique de l’Ouest, les griots – gardiens de la mémoire et de l’histoire orale – perpétuent cette tradition du récit chanté. Leurs chants, au-delà des louanges et des récits historiques ou fantastiques, explorent aussi la complainte, expression des joies et des peines du quotidien. Parmi les thèmes récurrents : l’amour impossible, l’amour contrarié, souvent entravé par les conventions sociales.
La chanson Diaraby s’inscrit parfaitement dans cette veine. Elle aborde la question des unions arrangées par les familles, laissant peu de place à l’amour libre. Le texte évoque la pression sociale qui pèse sur les amants, ainsi que l’urgence de chanter pour témoigner de la force et de la persistance de l’amour, malgré les obstacles.
Repères musicaux
Sur le plan musical, Diaraby se distingue par sa simplicité apparente : deux accords de base, ponctués par des phrasés de guitare solo. Cependant, deux éléments marquent son originalité :
- La gamme phrygienne : une tonalité rare dans la musique occidentale, qui confère à la pièce une couleur unique, proche des sonorités traditionnelles africaines.
- L’alternance entre accompagnement et solo : un jeu d’arpèges entrelacé à des improvisations de guitare, qui soutiennent et enrichissent la mélodie vocale.
Nous avons transcrit une version pour voix et guitare, fidèle à l’interprétation d’Ali Farka Touré et Ry Cooder. Mais cette partition est aussi une invitation à l’exploration : la gamme phrygienne, par sa nature même, encourage l’improvisation, comme en témoignent les nombreuses versions existantes.
Repères lexicaux
Diaraby = Amour
Baa = Mère
Naa = Mère
Faa = Père
Teri = Ami
Furu = Mariage
Kana = Ne pas (négation)
Dimi = Colère
Kasi = Pleurs
Haminko = doute
Paroles de la chanson
Paroles en bambara
Mun kéri la Diaraby
Mun kéri la né tum bé lé fé
Mun kéri la ma chérie
Mun kéri la né tum bé lé fé
I baa le kan kana furu ma
Ko fén te né fé né tum bé lé fé
I téri le kan kana furu ma
Ko fén te né fé né tum bé lé fé
I faa le kan kana furu ma
Ko fén te né fé né tum bé lé fé
E kana dimi, é kana kasi
E kana haminko Diaraby koso
E kana di mi, é kana kasi
E kana haminko Diaraby koso
Mun kéri la Diaraby
Mun kéri la né tum bé lé fé
Mun kéri la ma chérie
Mun kéri la né tum bé lé fé
Paroles en français
Qu’y a-t-il mon amour,
Qu’y a-t-il, c’est pourtant toi que j’aime
Qu’y a-t-il ma chérie,
Qu’y a-t-il, c’est pourtant toi que j’aime
Ta mère te dit de ne pas m’épouser,
car je n’ai rien, pourtant moi je t’aime
Ton ami(e) te dit de ne pas m’épouser,
car je n’ai rien, pourtant moi je t’aime
Ton père te dit de ne pas m’épouser,
car je n’ai rien, pourtant moi je t’aime
Ne te fâche pas, ne pleure pas,
Ne doute pas de l’amour
Ne te fâche pas, ne pleure pas,
Ne doute pas de l’amour
Qu’y a-t-il mon amour,
Qu’y a-t-il, c’est pourtant toi que j’aime
Qu’y a-t-il ma chérie,
Qu’y a-t-il, c’est pourtant toi que j’aime
